Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Société

Cybercriminalité : Le Bénin en guerre contre un fléau social aux proportions inquiétantes !

Louis Tossavi

Ces dernières années, le Bénin est perçu en Afrique de l’Ouest comme un pays où la cybercriminalité ou la cyber escroquerie connaît une forte expansion. Un fléau qui ne cesse de faire des milliers de victimes grâce notamment au progrès technologique. Récemment, les autorités du pays ont décidé d’une lutte accrue contre cette forme d’arnaque et en ont fait une priorité nationale avec l’implication des acteurs à divers niveaux.

 

La cybercriminalité est un thème englobant qui réunit un ensemble de déviances qui sont commises aux moyens d’outils technologiques. Les arnaqueurs, ceux qui se livrent à cette activité illicite connue ici sous l’appellation ‘’Gaymen’’, parviennent souvent à entrer en contact avec leurs clients (victimes pour ce cas de figure), qu’ils soient au Bénin ou ailleurs sous plusieurs prétextes et des identités différentes. Ces derniers utilisent pour la plupart des codes téléphoniques d’autres pays pour gagner la confiance des victimes afin de mieux se jouer d’elles, usent de chantages ou tout autre de stratagèmes pour parvenir à leur fin. Il s’agit par exemple de dons fictifs en ligne, de prêts fictifs en ligne, de maraboutage et surtout de la sextorsion qui est la forme la plus développée de la cybercriminalité ces dernières années. Face à l’ingéniosité des arnaqueurs et suite aux plaintes incessantes des victimes, les autorités ont dû prendre des mesures. Une traque a donc a été lancée contre les ‘’Gaymen’’ à travers tout le pays.

A la baguette, les différentes unités de la Police Républicaine, notamment l’Office Central de Répression de la Cybercriminalité (OCRC) désormais mieux équipés pour accomplir leur mission. Ils sont parvenus à mettre la main sur des centaines d’escrocs et à les déposer en prison même si les plus habiles ont réussi à s’enfuir.

Déjà 1188 personnes détenues pour des faits de cybercriminalité

D’après des chiffres avancés par le procureur spécial de la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET) lors d’une émission spéciale sur la thématique, il y a à ce jour, 1188 détenus dans les prisons du Bénin pour des faits de cybercriminalité. « Au cours de l’année judiciaire 2020-2021, nous avons eu 360 condamnations ; lors de l’année judiciaire 2021-2022, nous avons eu 451 et au cours de l’année judiciaire en cours, nous sommes à 263 condamnés. Nous n’avons jamais baissé la pression. Nous faisons ce qu’il faut pour que la cybercriminalité ne soit plus un modèle économique que l’on brandit à la jeunesse », informe Mario Métonou.

Le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji trouve que ces chiffres sont inquiétants et il y a nécessité d’agir pour éviter le pire. « Aucun gouvernement sérieux et surtout pas le nôtre ne devrait rester insensible à cela. C’est la raison pour laquelle le président de la République a instruit tous les services concernés par la question de se mobiliser, de mutualiser les efforts afin que la lutte soit plus efficace, mais aussi que nous procédions à davantage de sensibilisation de nos concitoyens pour éviter à ceux qui ne sont pas victimes aujourd’hui de ne pas l’être et de savoir apprécier le piège pour l’éviter », a-t-il laissé entendre.

Le directeur du pôle sécurité de l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN), Ouanilo Fagla confie que le niveau d’imagination et d’organisation des cybercriminels du Bénin est assez impressionnant. Ce qui est surprenant selon ses explications, c’est que ces cyber escrocs de la nouvelle génération ne sont plus forcément lettrés. Ce sont pour la plupart des apprentis maçons, mécaniciens, vitriers, couturiers, etc. « Tous les jours, ils découvrent de nouveaux moyens d’escroquerie, mais également de blanchiment de capitaux », a-t-il renchéri.

Une lutte qui doit être menée jusqu’au bout

Régis Hounkpè, enseignant et politologue apprécie l’acte du gouvernement béninois à sa juste valeur. « Si nous voulons assainir le Bénin d’un point de vue de l’attractivité économique et touristique, il faut que tout l’appareil judiciaire se mette en branle pour mettre fin aux activités de ces cybercriminels. Cette guerre doit être menée jusqu’au bout. Chaque Béninois doit encourager la justice et la police à traquer dans leurs derniers retranchements les cybercriminels », suggère ce politologue. Auriole Bada est du même avis. Cependant, elle pense que les peines ou sanctions (5 à 10 ans) infligées aux cybercriminels sont trop lourdes. Bienvenu Davo-Sèton est certes d’accord pour que la lutte s’intensifie, mais il trouve également que les peines que les cybercriminels encourent sont exagérées. « Il faut considérer non seulement les conséquences de leurs actes, mais ne pas oublier les causes qui sont énormes et diverses », a-t-il mentionnée.

Florentin Sétchénou estime par contre que les sanctions infligées aux ‘’Gaymen’’ sont en adéquation avec les actes commis. Parce que les effets néfastes de la cybercriminalité sont énormes.

Pour l’heure, la lutte est loin d’être terminée, parce que les flics poursuivent la traque aux cybercriminels.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page