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SantéSociété

Entretien | Planification Familiale : « C’est un facteur de développement socio-économique », déclare Jérôme Chatigre

Louis Tossavi

Le Bénin fait partie des pays qui ont le plus fort taux de fécondité en Afrique de l’Ouest. Ce qui pourrait poser un réel problème de croissance démographique d’ici quelques années selon des spécialistes. C’est pour cette raison que la coalition des Organisations de la Société Civile pour la Planification Familiale (OSC/PF) mène des actions de plaidoyer pour favoriser la gratuité des services de la PF. Africa World Radio a rencontré le coordonnateur de ladite coalition, Jérôme Chatigre qui s’est penché sur les engagements pris par son pays au plan régional et l’intérêt pour les Etats d’investir dans la Planification Familiale et la santé sexuelle reproductrice.

 

AWR : Vous menez des actions en vue de l’amélioration de la disponibilité des produits contraceptifs et la gratuité des services de planification familiale. La situation est-elle aussi critique au Bénin ?

Jérôme Chatigre : La situation au Bénin est assez critique, un peu comme les pays de la sous-région, surtout les pays de l’Afrique de l’Ouest francophone, ceux ‘’du partenariat de Ouagadougou’’. C’est est une plateforme d’échanges et de promotion de la planification ainsi que d’appui technique. Le Bénin fait partie de ces neuf (09) pays où comparativement aux autres nations du continent, la prévalence contraceptive, la promotion de la planification familiale, n’étaient pas prises comme une priorité. Du coup, cela pose un problème de croissance démographique et de croissance économique. Parce qu’il y a un lien entre la planification familiale et le développement socio-économique. Ces pays se sont alors réunis en 2011 à Ouagadougou pour commencer par voir dans quelle mesure il faut promouvoir la planification familiale. Ils ont commencé par élaborer une feuille de route qui a évolué et qui a donné lieu aux plans d’actions nationaux budgétisés de la PF et le Bénin y a souscrit. Mais à chaque réunion annuelle du ‘’partenariat de Ouagadougou’’, le point se fait et il faut noter qu’à ce jour, la situation n’est pas si reluisante pour notre pays le Bénin.

Tenant compte des clauses de ce partenariat, le Bénin a-t-il fournit des efforts pour honorer certaines de ses engagements ?

Le Bénin a pris des engagements à l’instar des autres pays du partenariat. A Addis-Abeba en 2013, il a pris 8 engagements. Au nombre desquels, il y a la démédicalisation de la PF. Un engagement financier a été aussi pris, sans oublier la gratuité de la PF pour les adolescents et des jeunes. Mais quand on fait le point, jusqu’à aujourd’hui, la PF n’est pas encore gratuite au Bénin. Ce n’est pas que l’affaire des agents de santé, c’est l’affaire de tous. Parce que la PF est transversale. Les derniers engagements pris étaient au nombre de 4 en décembre 2021. Ils ont été déconstruits et je pense que nous sommes sur la bonne voie, vu tout ce qui a été fait en 2022. Avec les dirigeants actuels, les lois déjà votées et tout ce qui est fait en matière d’achat des produits contraceptifs, on peut espérer. Mais nous n’allons pas baisser les bras.

Selon vous, pour quoi jusque-là, la gratuité de la PF n’est pas mise en application au Bénin ?

L’engagement sur la gratuité a commencé depuis 2013 en Ethiopie, à la conférence internationale sur la Planification Familiale. Il faut constater malheureusement  qu’à ce jour, cet engagement n’a pas été honoré. Seulement qu’il y a une étude de faisabilité qui a été faite et la politique de la gratuité avait été élaborée. Il y a eu quelques gains rapides par rapport à cet engagement, mais la gratuité proprement dite n’est pas encore réalisée. On en était là quand le pays a encore pris un nouvel engagement parlant de la généralisation de cette gratuité avant fin décembre 2022, mais nous sommes déjà en 2023.

Qu’est-ce qui explique le fait qu’on accorde autant d’intérêt à la PF ?

La planification familiale est un facteur de développement socioéconomique. Il ne sert à rien aujourd’hui d’avoir des enfants en pagaille. Je ne dis pas qu’il faut limiter les naissances. Il faut rimer les naissances à notre niveau de revenu et de développement. Il en est de même pour l’Etat. Il faut qu’il s’investisse dans cette planification des naissances. Si l’Etat n’intervient pas, d’ici 2030, on aura un boom démographique et l’Etat n’aura pas les moyens de faire face aux charges y afférentes.

Quelles sont les autres initiatives de votre coalition en dehors des actions de plaidoyer ?

Le plaidoyer se fait au quotidien au niveau de la coalition. Nous intervenons dans les communautés pour la promotion des méthodes contraceptives, nous animons des communications, nous faisons des séances de sensibilisation, de mobilisation sociale autour de la santé sexuelle de reproduction. Le problème d’avortement se pose avec acuité dans notre pays. Mais il est question pour les organisations de la société civile et pour la coalition, d’expliquer aux communautés, le contenu de cette loi qui fait tant de bruit.

Un appel aux adolescents et jeunes !

Aujourd’hui, il est clair que, quand on prend nos adolescents et jeunes, il y a une frange qui est sexuellement très active. Il faut qu’ils sachent raison gardée et qu’ils adoptent une sexualité responsable et contrôlée, si tant est qu’ils aspirent à une vie meilleure. Quant à l’autre frange de la jeunesse qui n’est pas encore active, il vaut mieux pour elle de retarder la sexualité et se consacrer aux études et à l’apprentissage. Ils ont tout le temps pour s’investir dans la santé de la reproduction. Il faut également que les parents sachent que nos jeunes ont besoin d’informations, de dialogue. Il ne faut pas qu’ils aient l’information dans la rue. La vraie information doit être donnée par les parents à la maison en principe. Que les leaders religieux, communautaires comprennent et qu’ils ne constituent pas un blocage pour la promotion de la planification familiale.

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