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Afrique | Recherche : Omotunde Kalala appelle à un changement de paradigme pour une renaissance

Louis Tossavi

L’enseignant chercheur et écrivain guadeloupéen Omotunde Niousséré Kalala était de passage en Afrique, particulièrement au Bénin il y a quelques semaines. Durant son séjour à Cotonou, ce panafricaniste de renom a animé une conférence à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) sur le thème : « L’avancée scientifique de l’Afrique noire ». Au cours de cette rencontre d’échange avec les étudiants, il est revenu sur la précieuse contribution du continent dans le progrès de l’humanité.

Deux sorties ont marqué le récent séjour au Bénin de Omotunde Niousséré Kalala. D’abord le 13 Août 2022, cet auteur et enseignant chercheur guadeloupéen était à l’Institut de Développement et d’Echanges Endogènes (IDEE) basé à Ouidah, où il a pris part à la cérémonie d’hommage à titre anthume au Prof émérite de l’Uac, Honorat Aguessy, digne panafricaniste des temps modernes et contemporains. A l’occasion, Omotunde Niousséré Kalala a présenté une communication sur l’historique du panafricanisme et posé la question de l’épistémologie de cette idéologie. Le communicateur est allé jusqu’à convoquer les grands aspects pratiques du panafricanisme et a rappelé ses idéaux et enjeux.

Quelques jours après, le 18 Août 2022, Omotunde Kalala a été invité à l’Université d’Abomey-Calavi pour y animer une conférence sur le thème : « L’avancée scientifique de l’Afrique noire ». Devant un parterre d’étudiants venus l’écouter, le conférencier est revenu sur  les précieuses contributions du continent africain aux progrès de la science et de la culture. « Ce sont les africains qui ont pris les savoirs des temples pour donner à des gens qui n’avaient pas de tradition religieuse. Toutes les divinités que vous voyez dans la Bible sont des divinités africaines. Ce sont des divinités que les anciens utilisaient dans le culte Vodoun, mais ils les ont blanchies. Il ne faut pas oublier que la graine de l’arbre de la science et de la connaissance, c’est l’Afrique qui l’a plantée, l’a arrosée et a fait qu’elle a porté tant de fruits », a-t-il expliqué dans une interview à l’issue de la conférence. D’après lui, les mathématiques, l’astronomie, la médecine, le calendrier de 365 jours, la précision des équinoxes, l’informatique pour ne citer que ces disciplines, sont nées en Afrique. Ce qui lui fait dire que toute la culture africaine est fondamentalement scientifique.

Mais curieusement, ce continent qui a tant apporté à l’humanité, semble ne pas être au même niveau de développement que les autres. Omotunde Kalala suggère alors un changement de paradigme et une renaissance de l’Afrique. A la question de savoir à quelles conditions cette renaissance pourrait s’opérer, le communicateur répond en ces termes : « Il faut une reconquête économique. Les boissons dans les magasins sont à 99% étrangères. Les jeunes doivent pouvoir fabriquer leurs propres boissons. Il faut produire des jus de plante et arrêter de penser aux jus de fruit, parce que ces plantations sont trop colossales ».

Le guadeloupéen fait savoir aux étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi, que pour parvenir à une renaissance scientifique du continent, il revient aux africains de se donner une colonne vertébrale. « Nous devons avoir notre colonne vertébrale et faire en sorte de ne jamais oublier qu’une pyramide est faite de pierres qu’on a rassemblées, et chaque fois que nous sommes unis nous sommes une pyramide », a-t-il souligné.

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