Société

Bénin | Traite négrière transatlantique : Les atouts de Ouidah en termes de survivance et mémoire évalués

Par Louis Tossavi

Ouidah a accueilli les 20 et 21 octobre dernier, un colloque international sur la traite négrière transatlantique pour exposer et analyser les récentes découvertes faites sur le sujet. Des spécialistes venus des continents impliqués dans cette traite ont fait le déplacement de la cité des Kpassè.

A partir du thème: « Mémoire et survivance de la traite négrière transatlantique en Afrique, en Amérique, en Europe, dans les Antilles et autres territoires des Océans Atlantique et Indien », universitaires et spécialistes du patrimoine ont partagé leurs acquis afin de contribuer à la reconstruction du tissu social, qui porte encore aujourd’hui les stigmates de ce passé sombre de l’histoire. A l’échelle de Ouidah, il est surtout question d’évaluer les atouts de la cité historique en termes de survivance et de mémoire  de l’esclavage. Selon Sylvestre Edjèkpoto, l’un des initiateurs du colloque, tout est parti d’une thèse de doctorat soutenue en France et qui a permis de faire des comparaisons entre Ouidah au Bénin et Gorée au Sénégal, Grand-Bassam en Côte d’Ivoire et Ikorobu au Nigéria. Ces rapprochements ont amené à se demander pourquoi la commune de Ouidah n’est pas autant valorisée sur le plan touristique, alors qu’elle dispose d’atouts nécessaires. Une occasion de remettre cette cité balnéaire dans son contexte historique et actuel.  « L’idée c’est de déconstruire tout et de montrer que nous sommes dans un monde contemporain dans lequel aucun d’entre nous n’a participé ou n’a été victime», a précisé Didier Houénoudé, vice-président du comité d’organisation.

Selon Sylvestre Edjèkpoto, il existe plusieurs éléments qui montrent que la traite négrière est toujours présente. «Lorsque vous tombez sur des relations entre anciens maîtres et anciens esclaves, puis le positionnement social de chacun, lorsque vous tombez sur des interdictions de mariage entre différentes familles, on se dit qu’il y a des éléments qui montrent que la traite est encore vivante. Donc les survivances sont les formes évoluées ou adoucies de la traite négrière », a-t-il souligné.

Une dizaine de films documentaires ont été produits sur ces survivances et projetés durant ce colloque international,  qui a été également meublé par plusieurs panels de discussions.

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