Culture

Cinéma – Kenya : un bol d'air pour « Rafiki »

Saisie par la réalisatrice du long-métrage Wanuri Kahiu et l’ONG Creative Economy Working Group (CEWG), la Haute Cour de Nairobi a donc finalement levé la censure frappant Rafiki, tout en précisant quand même que le film ne pourra être vu que par des « adultes consentants ». Tout un programme pour justifier la levée de la censure qui a frappé ce film sur l’amour entre deux femmes. Toujours sous le coup des lois datant du colonialisme britannique, l’homosexualité reste illégale au Kenya et la commission kényane de la censure avait interdit le film en raison de « son thème homosexuel et de son but évident de promouvoir le lesbianisme au Kenya, ce qui est illégal et heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ». Quoi qu’il en soit, dans Rafiki, Kena (Samantha Mugatsia) et Ziki (Sheila  Munyiva), deux étudiantes vivant chez leurs parents, se rencontrent,       se découvrent et s’aiment dans un pays où « les filles bien  deviennent de bonnes épouses » et où l’homosexualité reste illégale       en vertu de lois datant du colonialisme britannique. Pudique, le film mise sur une réalisation sensuelle, privilégiant l’éclosion des sentiments. Par rapport aux Oscars, il était impératif que le film fût autorisé au Kenya pour qu’il puisse défendre ses chances.

Une levée diplomatique de la censure ?
Les critères de sélection pour les Oscars dans la catégorie meilleur film en langue étrangère sont en effet très stricts. Ils imposent une « sortie du film dans le pays qui le soumet entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre 2018 », et ce, « pour une période de sept jours consécutifs dans une salle de cinéma à but commercial ». La date limite du 30 septembre approchant, une injonction autorisant la diffusion du long-métrage a été obtenue, car, citée par l’AFP, la juge Wilfrida Okwany a argué que si Wanuri Kahiu « devait manquer l’inscription pour les nominations, aucun tribunal n’aurait la capacité de traiter une plainte en vue de compenser la célébrité, la gloire et l’exposition que peut apporter une nomination pour les Oscars ». De plus, a ajouté la juge, le tribunal « ne doit pas déterminer si l’homosexualité est bonne ou mauvaise, si elle est morale ou immorale, mais bien si un artiste ou un réalisateur a le droit, en exerçant son droit à la liberté d’expression et à la créativité artistique, de réaliser un film au thème homosexuel ».

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