Economie

Madagascar / Le renouveau de la vie nocturne dans la « ville d’Eau »

Par Maminirina Rado

Antsirabe, la deuxième ville industrielle de Madagascar à moins de trois heures de route au sud de la capitale, connaît un renouveau de la vie nocturne. En une année à peine, et même durant le confinement, pas moins d’une dizaine de cabarets ou de lieux festifs ont ouvert leurs portes.

« Pour nous, c’est comme un retour aux sources. Mon mari et moi, avions vécu à Antananarivo, mais on a décidé de revenir à Antsirabe, notre ville d’origine. D’y investir et de participer à son développement », explique une gérante d’un lounge huppé de la « Ville d’Eau ».

Une dynamique qui a conduit à faire bouger le secteur de la musique dans la cité. Célèbre en effet pour être une pépinière de musiciens, la multiplication des scènes est félicitée par les jeunes, mais cachent également son revers. « Quand les grosses pointures passent, ils cherchent des musiciens pour les accompagner. Alors, ils prennent quelques gars, ceux qui ont de la chance vont les accompagner à un concert. Sinon, nous jouons dans les bars, ou des connaissances nous appellent pour égayer leurs soirées », fait savoir Anja Ravelojaona, un jeune percussionniste.

Du coup, la concurrence est rude. Si la chance lui sourit, il peut gagner jusqu’à 25 dollars la nuit, en jouant pour un grand artiste. Ou alors, il est payé avec quelques bouteilles de rhum ou de bières, à défaut un salaire de moins d‘un dollar. Il essaie de faire vivre sa petite famille de cette manière. « En effet, c’est une bulle actuellement. Nous essayons d’attirer les noctambules de la capitale. Là–bas, l’offre culturel tourne en rond. Le calcul est simple, le vendredi, après leur travail à 17 h. Ils prennent la voiture et se dirige à Antsirabe. Il suffit de trois heures de route et ils arrivent pile poil au début des concerts », voilà le raisonnement d’un gérant d’un autre cabaret ayant pignon sur rue à Antsirabe.

Ces lieux festifs se concentrent au centre–ville, plus accessible pour les touristes. Toutefois, les quartiers périphériques commencent aussi à attirer les investisseurs. Depuis l’allègement des mesures sanitaires, les soirées ont repris à Antsirabe. Lentement, mais sûrement.

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