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Afrique | Esclavage : Le président Ghanéen réclame des réparations pour les préjudices graves subis.

AWR

Accra la capitale Ghanéenne a abrité il y a quelques jours, un sommet initié par l’Union Africaine (UA) et des partenaires autour du thème : « Faire progresser la justice : réparations et guérison raciale ». En procédant à l’ouverture des travaux de ce conclave, le président ghanéen Nana Akufo-Addo a dans son discours, insisté sur le fait que le moment pour un débat sur la réparation de l’esclavage était arrivé.

Le dirigeant a rappelé les effets dévastateurs de la traite des esclaves pour l’Afrique tout en précisant qu’elle avait retardé le progrès économique, culturel et psychologique du continent. « Il existe une myriade d’histoires de familles déchirées. Des pères partis pêcher qui ne sont plus jamais revenus, des garçons partis jouer qui ne sont jamais rentrés à la maison, des filles parties chercher de l’eau qui n’ont jamais plus revu leurs parents. On ne peut pas quantifier les effets d’une telle tragédie, mais ils doivent être reconnus. L’Afrique a énormément perdu pendant cette période et ces effets se font encore sentir aujourd’hui. Il est grand temps qu’il y ait réparation pour l’Afrique et pour la diaspora », a-t-il souligné.

Même si aucune somme d’argent ne pourra réparer les dommages causés par la traite des esclaves a-t-il poursuivi, « nous devons guérir des torts du passé ». Pour Nana Akufo-Addo, l’ensemble du continent africain mérite des excuses de la part des Nations Européennes impliquées dans cette traite. Il a exhorté de ce fait l’Union Africaine et les Africains de la diaspora à former un front uni pour faire avancer la cause des réparations.

Pour l’historienne martiniquaise et directrice du Centre International de Recherches sur les esclavages et post-esclavages de France, Myriam Cottias, la question des réparations va se poser de même que celle de l’abolition de l’esclavage. Elle est portée aussi bien par des afro américains aux Etats-Unis que le mouvement abolitionniste européen. « C’est une vieille question. Elle a été posée par des leaders panafricains au début du 20e siècle. Elle est revenue de façon assez récurrente. Sans qu’il n’y ait jamais eu d’aboutissement concret », a-t-elle expliqué.

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